Lis assiso de la lengo e la culturo prouvençalo

 

 Voici le film des
Assises de la Langue et de la Culture Provençales à Maussane-les-Alpilles
le 31 mars 2012

 

Le 31 mars 2012 à Maussane-les-Alpilles

Assiso de la Lengo et de la Culturo Prouvènçalo

Dicho e Soustèn – Discours et Soutien

 

Le Maire de Maussane-les-Alpilles, Jack Sautel est venu dès le matin accueillir les participants aux ateliers. L’apès-midi, C’est Maryse Autheman qui, au nom du Maire, a souhaité la bienvenue au large public présent.

Le Président du Collectif Prouvènço a remercié la commune, le Maire de Maussane-les-Alpilles, les élus et le personnel communal qui ont largement contribué au succès de cette manifestation.

Jean-Pierre Richard, Président du Collectif Prouvènço

« … Dóumaci lis atalié que s’acampèron à-de-matin sus tóuti li faceto de nosto culturo – lengo, literaturo, patrimòni, ensignamen, trasmessioun, bouvino, coustume, tiatre, ecounoumìo, agriculturo -, avèn rousiga l’os pèr se goungousta de ço que Rabelais i’avié mes pèr noum « la substantifique moelle ». Avèn moustra, s’acò èro encaro necite, que nosto lengo es ligado à noste territòri. E qu’aquéu territòri es liga, tambèn, à nosto identita prouvençalo emai franceso. Lou bilans d’aquelo sesiho es esta pièi fa d’un biais serious, sènso pas ges de coumplasènço. En avalourant li causo que soun bono, mai tambèn en regardant li que van pas…

… En 2007, à Arles, j’avais déjà affirmé ceci : Vuei, Prouvènço vèn de recounquista soun ounour, e l’ounour de sa lengo. La lengo de Frederi Mistral, de Carle Galtier, de Mas-Felipe Delavouët, de Jan-Pèire Tennevin.

Et bien oui !… Je vous le dis à nouveau, Mesdames, Messieurs. Vuei, Prouvènço a reconquista lou dre de faire viéure la lengo nostro. Lou dre, pèr nòsti jouine, d’èstre mai proche d’uno culturo regiounalo vivo, au countràri d’uno marrido culturo anglo-seissouno qu’amarié d’unifourmisa lou mounde, la Franço, e si regioun…

… La Provence est une grande région identitaire de France, qui peut, elle seule, se réclamer du seul Prix Nobel de littérature de langue régionale jamais attribué. Et cette langue régionale, c’est notre provençal, illustré par Frédéric Mistral, écrivain provençal, et chantre de la Provence !… Il faudra aussi changer les choses en matière d’enseignement. Plus de professeurs de provençal seraient nécessaires. Il faudrait que nos enfants puissent apprendre notre histoire, notre géographie régionale. Sans parler de sa valeur humaniste et culturelle, l’enseignement du provençal facilite l’ouverture et la compréhension des autres langues romanes…

… Il faudra qu’enfin cesse la volonté d’imposer de manière officielle la double graphie dans l’enseignement, afin d’y inculquer aux élèves la graphie occitane. Bien sûr, on y affirme qu’il s’agit d’une prétendue « ouverture »…

Passez pourtant le Rhône !… A Beaucaire ou à Nîmes, territoires linguistiquement Provençaux, mais qui se trouvent en Languedoc, plus question de « double graphie » !… On y impose la seule orthographe occitane. Et le plus sérieusement du monde, quel est l’argument qu’emploient les occitanistes pour imposer leurs vues ?… « Qu’il ne faut pas troubler les élèves » !… Ce 31 mars verra enfin la publication officielle d’un projet qui nous tient à cœur. Il s’agit du dossier d’inscription de la langue provençale au patrimoine immatériel de l’UNESCO,. Nous allons y travailler et avec vous tous… »

Christian Mounier, Maire de  Cheval-Blanc

« … C’est pour la commune de Cheval-Blanc un grand honneur que de pouvoir proposer un bien communal qui puisse devenir ce lieu essentiel et ô combien important permettant d’assurer le développement mais surtout le vécu et la connaissance de notre patrimoine culturel et notre langue provençale…

S’adressant à Michel Vauzelle : «  Il y a bientôt 2 ans, lors de votre dernière visite dans le village, nous avons évoqué le projet de l’Observatoire et vous m’avez assuré de tout votre soutien dans ce projet. Vous avez aujourd’hui l’opportunité d’entrer dans l’Histoire. Nous connaissons tous ici votre engagement pour la culture et la langue provençale. Si alors que le lieu existe et avec le soutien qui est le vôtre, nous manquons ce rendez-vous qui ne se représentera peut-être plus, je crains que ces centaines de formidables bénévoles qui, partout en Provence et ce depuis des décennies, défendent leur culture avec la ferveur que nous leur connaissons, ne se sentent pas reconnus. Si tel était le cas, je crains, tout en souhaitant me tromper, que d’ici quelques années, la plupart des documents et archives qui retracent nos racines historiques liées à la langue et à la culture provençales ne disparaissent à jamais, laissant bien sûr un boulevard à ceux qui ne rêvent que de voir régner le drapeau de la croix de Toulouse sur l’ensemble de notre territoire provençal… »

Bernard Reynès, Député-Maire de Châteaurenard

« … Je suis bien évidemment résolument de votre côté parce que selon moi l’Histoire d’un peuple se reconnaît d’abord dans son identité et, la défense de la langue provençale, c’est bien le combat de cette identité. Je crois que de façon générale il faut développer non pas notre savoir-être, à savoir notre culture provençale, mais aussi notre savoir-faire, à savoir cette économie locale (…) Mais l’agriculture provençale doit aussi rester l’agriculture au niveau national et au niveau exportateur. C’est en ce sens, Monsieur le Président de la Région, que je soutiens tout à fait votre projet de créer une marque provençale…  Je suis là pour accompagner de mes voeux la création de votre Observatoire de la langue et la culture provençales sur la commune de Cheval-Blanc. Je félicite Monsieur le Maire qui le fait avec  foi. Ce sera à la fois un organisme de coordination, un lieu de création, ce sera aussi une structure de fond qui servira de socle et de tremplin pour votre mouvement…»

Michel Vauzelle, Président de la Région Provence

« … Cet Observatoire qui naturellement a retenu toute mon attention et sur lequel je me suis engagé – le Maire de Cheval-Blanc l’a rappelé – et je reprends solennellement devant vous cet engagement de faire que tout naturellement la Région de Provence doit avoir un Observatoire de la Provence qui soit la pointe de notre combat pour notre Provence pour notre langue et pour notre identité. Sur ce point, vous pouvez compter sur moi. … Il faut qu’il y ait plus de respect à l’égard d’une culture qui fait l’honneur de la France et de l’Europe et qui est également une force par ce que nous apportons aux autres cultures, dès lors que notre culture provençale – et pas occitane – est respectée et par conséquent l’appel du sud c’est l’appel des provençaux qui ont besoin que l’État Français et l’Union Européenne portent davantage attention au développement économique de notre Région parce que c’est une reconnaissance dont nous avons besoin en tant que provençaux (..) mais également une reconnaissance du rôle que peut jouer et doit jouer la Provence (…) »

Atelier Musique – Le 31 mars 2012 à Maussane-les-Alpilles

Atelier Musique par Déborah Lazzerini

Cet atelier à réunit une vingtaine de participants, aussi bien des musiciens traditionnels que contemporains, membres de groupes de danses folkloriques venus de tout horizon : Istres, Plan d’Orgon, Cavaillon, Avignon, Arles, Var, Vitrolles.

Merci à Jean-Charles Tabacchi, Maurice Guis, Guy Bonnet, Jean-François Gérold, Yves Lopez Délégué à la Culture de Maussane-les-Alpilles et aux représentants de diverses associations (groupe folklorique d’Istres, Plan d’Orgon avec Li Galejaire Planen, groupe folklorique Li Dindouleto dóu Roucas) d’avoir participé à cet atelier.

Au cours de cet atelier, un constat sur l’état actuel des choses concernant le chant (et plus spécialement la chanson populaire provençale), la danse folklorique et la musique a été dressé. Tout d’abord, la relève a du mal à s’effectuer. En effet, chacun des participants a fait part de ses difficultés à recruter de nouveaux membres, à faire venir plus de participants. Ceci peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

Une image un peu ringarde du costume en particulier et de la culture provençale en général : ce n’est pas à la mode de porter le costume, de danser le folklore, de chanter la Provence…

Les jeunes sont appelés, par leurs études, la recherche de travail, à quitter la région. Ils reviennent alors moins souvent, ne participent plus ou beaucoup moins aux journées de fêtes.

Il existe de plus en plus une notion de « plaisir sans contraintes ».

Il est difficile de rentrer dans le système scolaire. Il y a comme une interdiction de  donner des cours de danses, chants, ou des stages de langue provençale dans les écoles. Là aussi l’anglais prédomine. Pourtant c’est à l’école que la sensibilisation à la culture prend sa source. Ce phénomène apparaît moins chez les tambourinaires. Mais quand on constate cela, que peut-on attendre de l’avenir ?

Au niveau des maisons de disques, la prédominance des majors fait que les musiciens et les chanteurs provençaux ont du mal à s’imposer et à faire diffuser leurs projets sur les grands médias : radio, télévision. Le chant provençal apparaît comme étranger dans sa propre région. Un manque cruel se fait sentir au niveau des maisons de disque ou des producteurs : aucun ne travaille pour la diffusion et la promotion des œuvres provençales. On subit une forte anglophonisation de notre culture. Cela peut décourager l’artiste souhaitant lancer son projet.

Il n’existe pas de répertoire complet, permettant de retrouver toutes les œuvres, tous les artistes existants, toutes les partitions ou les noms de groupes folkloriques et leur situation dans la région. La recherche de ces renseignements peut s’avérer parfois longue et compliquée.

Pour certains, il règne comme une impression d’identité provençale malade. Pourquoi la culture bretonne « cartonne » autant ? Car avant tout, ils se sentent « bretons ». Il existe une certaine fierté vis-à-vis de sa région, un sentiment d’appartenance, d’avoir des racines…

Partant de ces constats, nous avons cherché quels sont les axes prioritaires que nous aimerions voir l’Observatoire de la langue et de la culture provençale adoptés.

Tout d’abord, Fédérer
En effet, il est important que l’Observatoire apparaisse comme une force, un bloc puissant. Ainsi, chacun se sentirait soutenu, en union avec d’autres artistes. La diffusion des œuvres provençales dans les médias et dans les écoles n’en serait que plus facile. Car oui, l’Observatoire doit apparaître comme un véritable moyen de diffusion des œuvres, sans que l’on ait à contraindre les médias ou à créer une loi pour cela. Il ne faut pas oublier bien sûr d’être présent sur les réseaux sociaux ou autres nouveaux médias.

L’Observatoire doit participer activement à la revalorisation de la culture provençale et de ses artistes. Apparaître comme une force, c’est amener les gens à nous soutenir, donner du poids à nos projets.

Recenser
L’Observatoire doit vraiment se distinguer et être quelque chose qui n’existe pas à ce jour. Pas tout à fait un musée, mais plus un centre de documentation et d’information. On y trouverait un répertoire des œuvres, un annuaire des artistes, groupes et associations présents, des potentiels qui ne demandent qu’à se développer. Y seraient mis en évidence les modèles, les vrais professionnels, ceux qui ont réussi et qui peuvent apporter des conseils, ceux qui ont su conjuguer tradition et innovation.

Lorsque l’on veut monter son projet, il est important d’être conseillé sur l’aspect juridique (contrat, protection de l’œuvre) mais aussi sur les aides disponibles (subventions par exemple). Et l’observatoire apparaît ici comme un véritable outil d’aide et de conseil.

Faciliter les échanges
Il est important de faire naître des contacts, un partage, une véritable synergie entre les artistes. Bien au-delà de la simple conservation du patrimoine il faut aller vers la pérennisation de l’œuvre. Et là, l’observatoire peut se révéler être un merveilleux intermédiaire.

Pour attirer de nouveaux participants, il faut démontrer que l’on accepte chacun avec son style et même mieux : que l’on peut les mélanger. Mais aussi que l’on n’est pas obligé de faire du 100% provençal : on peut chanter en français sur sa région. Il est important de démontrer que le folklore ce n’est pas seulement du « tutupanpan » !